Patrimoine privé

Le Carroi (XVIe siècle)
Maison rectangulaire du XVIe siècle, le Carroi est édifié, en pierre de Touraine, dans un enclos arboré, avec toiture à deux versants couverts de tuiles en partie supérieure et d'ardoises en partie inférieure.
Mainte fois remaniée de façon plus ou moins heureuse (utilisation de parpaings et mortiers durs), la construction mérite une restauration que se promettent d'entreprendre les nouveaux propriétaires.
L'accès principal est assuré par un portail encadré de deux piliers en pierre de taille avec chapiteau moulouré. Le pilier de droite est creusé d'une niche abritant une piéta. Cette statue était une des stations des processions religieuses d'antan 

Les Gougets (XVe siècle)
 La maison du "closier" est un petit manoir carré du XVe siècle dont la façade orientée à l'est comporte deux belles fenêtres surmontées d'un imposant appareil de pierre qui devait supporter une lucarne ouverte dans un toit plus pentu. La demeure ne devait comporter qu'une pièce réservée à l'activité viticole au rez-de-chaussée et une pièce résidentielle à l'étage, desservie par un escalier à vis dont le noyau, d'origine, est remarquable, comme d'ailleurs les deux cheminées de ces pièces.
Au cours des ans, on a ajouté des communs et un bâtiment bas relativement récent, accolé à la face sud. On voit sur la façade un blason comportant un croissant renversé qui pourrait évoquer une dédicace à la vierge, à relier à la statue du portail, objet de processions partant de l'église depuis bien des siècles.
Quant à l'origine de l'appellation "Gougets" (Cassini écrit Gougettes ...), on a proposé "barrique de vin" mais Pierre Leveel pense qu'il s'agirait d'un nom de personne, venant de "Gougeon", ou encore "Gouge" (surnom d'un menuisier); ou pourrait encore signifier serviteur ou messager.
Rappelons enfin la querelle sur le tracé de l'avenue de Beaugaillard au début des années 1980: la Commission Départementale des Sites a obtenu que le tracé fasse une courbe vers l'est mais une partie du parc a été sacrifiée.

La Grange de Bourg cocu (XVe et XVIe siècle)
Bourg-cocu, jadis Bourg-Cocqu ou Bourg-Coqu, est, avec l'agglomération située vers le gué du Cher, l'un des deux villages qui constituaient Saint-Avertin.
Habitat de hauteur, ce hameau est formé de maisons dispersées à vocation viticole et son nom comporte la racine "coq" évoquant son caractère perché.
La grange nouvellement restaurée appartenait à la closerie du Clos-Vaumont toute proche. Son toit est couvert de tuiles pour la partie supérieure et d'ardoises pour la partie inférieure. Son pignon avec colombage est percé de six lucarnons originaux construits avec des tuiles plates.
Sauvée de la destruction en 1998, cette grange est l'un des rares témoins de l'ancienne activité viticole du plateau.

 

 

Les Sources du Limançon (XVIe siècle)
Au début du XVIème siècle, les élus de la ville de Tours, constatant que l'eau n'était plus potable, recherchent une nouvelle source d'alimentation. Ils font venir de Rouen un célèbre fontainier, Pierre de Valence, et choisissent les sources du Limançon, petite rivière souterraine sortant à la base du coteau, à l'entrée ouest de Saint-Avertin.Le projet consiste à aménager les réseaux de cavités sinueuses creusées par l'eau dans le calcaire en galeries captantes, accessibles aux fontainiers, avec des bassins servant à la décantation et à la retenue de l'eau pour l'amener sous pression à Tours dans des canalisations souterraines; le trop-plein circule dans des caniveaux, à l'air libre dans les galeries. 
En 1507, un premier réseau est aménagé vers le sud, en remontant sous la rue de Grandcour; un deuxième réseau à l'ouest, creusé en 1508 sous le vallon de la petite Gironde, permet de recueillir les eaux de plusieurs sources dans un bassin situé à la base de l'escalier débouchant dans la prairie et d'où part un conduit souterrain se dirigeant vers Tours et ses six fontaines.

Le Grand Bassin (XVIe siècle)

Ce grand bassin de 14 m sur 8 m, appelé aussi "la Chapelle", correspond vraisemblablement à l'aménagement d'une importante cavité naturelle: la voûte en pierre de taille est très haute, mais la profondeur de l'eau, souvent recouverte d'efflorescences calcaires, produites par un phénomène chimique analogue à celui qui est à l'origine des stalactites et stalagmites, n'est que de 1,20 m.
De la base du bassin part une canalisation souterraine se dirigeant vers le lanternon de la rue des Fontaines, puis vers la ville de Tours avec ses six fontaines après un passage en siphon sous la rivière.

 

La Maison Péan (XVIIe siècle)

En 1682, la quantité d'eau arrivant à Tours n'étant plus suffisante, on a recherché de nouvelles sources au pied du coteau, à l'emplacement de l'ancienne blanchisserie Péan (entre le débouché de la rue de Grandcour et le bas de Beaugaillard); on y voit encore les restes de la machinerie.
Un bassin situé sous la Maison Péan reçoit l'eau qui était relevée jusqu'à un réservoir situé dans un grenier, grâce à une pompe à godets ou "noria" entraînée par un manège que faisait tourner un cheval. L'eau partait ensuite par une canalisation en plomb vers le lanternon.

 

Le Lanternon (XVIe siècle)
Construit pour recevoir le conduit principal venant du grand bassin, ce lanternon octogonal abrite un système de clefs permettant de diriger l'eau vers la canalisation en poterie vernissée enrobée de mortier rose qui rejoint le cher, puis, après le passage en siphon sous la rivière, se dirige vers l'actuelle place de la gare à Tours et le nord de la ville.
Au XVIIe siècle, le débit n'étant pas suffisant, l'eau d'un nouveau captage situé au bas du coteau est envoyée au lanternon.
Cette dernière installation fonctionne jusqu'en 1820. L'eau du grand bassin arrive à Tours jusqu'en 1856, date à laquelle une crue exceptionnelle détruit une partie de la canalisation.
La ville est ensuite alimentée par l'eau du Cher, captée au barrage de Rochepinard.

 

 

Manoir de Grandcour (XVIe siècle)

Le manoir de Grandcour, anciennement appelé la Grande Cour, est doté d'un portail d'entrée accompagné d'un guichet avec frontons triangulaires et vantaux peints en bleu turquoise, le "bleu Grandcour". Il ouvre sur un jardin entouré sur trois côtés de bâtiments d'époques diverses: la maison du "closier", un corps de bâtiment sans étage constituant la cuisine et la salle à manger, le corps du logis principal du XVIIe siècle, une remise et une écurie.
Malgré le manque de commodité de cette disposition, la salle à manger étant extérieure au logis, cette demeure accompagnée d'un grand parc a séduit, en 1928, l'homme de lettres Jules Romains.

Cet écrivain est l'auteur d'œuvres poétiques, théâtrales et philosophiques aussi diverses que : "les Copains", "Knock", ou la saga des "Hommes de bonne volonté", dont la presque totalité des 26 volumes a été écrite à Saint-Avertin.
Il avait une maison à Hyères, mais la trouvait trop chaude en été et trop éloignée de Paris. Après avoir éliminé la Normandie et le Morvan, il choisit la Touraine, à 250 km de la capitale.
Grandcour n'est pas à vendre, mais dès sa première visite, Romains séduit la propriétaire et acquiert le domaine. Une vigne pousse alors à Grandcour. L'écrivain, qui en est très fier, récolte lui-même le raisin et fait un vin sec et fruité. A l'abri des regards indiscrets, il travaille là en toute tranquillité et y reçoit ses amis fidèles.
Le 14 septembre 1963, Jules Romains est nommé citoyen d'honneur de la ville de Saint-Avertin par le maire, le docteur Boivin. Le dimanche 13 Août 1972 à l'hôpital Foch à Paris, il dit à son épouse: "L'année prochaine, il fera sans doute beau et moi j'irai beaucoup mieux. Nous passerons un bon été tous les deux à Grandcour". Ce furent ses dernières paroles ...

Manoir des Cigognes (XVIIe siècle)

Ce Manoir qui s'appelait jadis "la Singerie", a constitué la maison de maître d'une importante closerie aujourd'hui disparue. Le bâtiment, qui présente au centre de sa façade nord un petit fronton triangulaire, est surmonté d'un comble à quatre versants avec deux hautes lucarnes et deux oculi; l'ensemble est couronné par un campanile avec cloche et girouette.
La façade sud est encadrée par deux tourelles basses. L'important vignoble de la closerie n'existe plus.
Le 10 décembre 1918 le fils du propriétaire, le sous-lieutenant aviateur Pierre Demarzé, se tue en mission. Ses parents décident alors de donner à la propriété le nom de l'escadrille de leur fils: "les Cigognes", celle de Georges Guynemer.

Tourelle de Roidemont
(XVIe et XVIIIe siècle)
Cette tourelle fait partie de la propriété de Roidemont, manoir du XVIe siècle qui devait, à l'origine, dépendre du château de La Roche-le-Roi situé à peu de distance.
Initialement pigeonnier, comme l'indiquent le cordon en cavet qui le ceint et un texte de 1668, cet édifice d'époque Renaissance est surmonté à la fin du XVIIe siècle ou au début du XVIIIe siècle d'un toit bombé couvert de tuiles.
Il a d'abord du servir d'habitation de plaisance ou de "vide-bouteilles", à un endroit privilégié pour la vue sur la vallée. Transformée en chapelle au XIXe siècle, la tourelle est percée de deux petites fenêtres agrémentées de vitraux de Lobin Fils.

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