Retour sur le 19e Printemps des poètes à la médiathèque Michel Serres

Dans le cadre du 19e Printemps des poètes qui se proposait d’explorer le continent injustement méconnu de la poésie africaine francophone, Jean-Pierre Lautman et son équipe de lecteurs organisaient avec le soutien de la médiathèque une soirée sur ce thème jeudi 9 mars, dans la salle du patrimoine. Comme à l’accoutumée, cette manifestation en hommage à la poésie prenait la forme d’une scène ouverte.

En première partie, un hommage fut rendu à Myleine Revol, saint-avertinoise d’adoption, musicienne (elle enseignait le piano) et poète, disparue le 6 octobre dernier. Née à Tunis le 17 février 1931, elle y suit des études classiques. Elle épouse Jean Robinet en septembre 1952. Le ménage Robinet s’installe en France en 1958, à Saint-Michel-sur-Loire où Jean enseigne comme maître d’école. Après un séjour de plusieurs années dans le quartier Montjoyeux, à Tours, le couple s’installe à Saint-Avertin en 1970 avec ses cinq enfants.
Myleine Robinet-Revol a publié trois recueils de poèmes, deux en 1980 : Arc-en-Ciel et Vitrail. Le dimanche 9 décembre 1984, le Syndicat d’initiatives de Saint-Avertin organisait une séance de dédicaces à son siège : La poétesse Josiane George présentait son recueil « Au fil des heures », Michel Ramette « Saint-Avertin, serviteur de Dieu, Iconographie », André-Jean Lacoste son roman « Le bossu de l’Écorcheveau » et Myleine Robinet-Revol son 3e recueil « Gemmail ».
Sept de ses poèmes furent lus : Ma Tunisie, Déracinement, Moissons d’antan, Mon homme quotidien, La mission du poète, Le silence et Hymne à la vie, poème en vers libres tiré de Gemmail, dont voici le texte :

Hymne à la vie

Chaque matin, c’est le miracle : je vis ! mon cœur bat ! J’aurais pu ne pas voir ce jour – emporté par la mort. Voici que je vis encore.
Un joug ? Un fardeau ? …
Si je sortais de mes misères qui cachent la beauté de cet instant qui m’est donné ?
Je pourrais dans la nuit contempler les étoiles.
Pourquoi, chaque soir, n’essayerais-je pas de voir la Vie, la lumière avec un regard étonné ?
Briser la routine et l’habitude corrosive ?
Ouvrir grand mes yeux vers l’attitude créative ?
Forger du nouveau avec ce qui paraît usé ?
Changer ce fardeau en un Présent émerveillé ?
Demain… Qui le sait ? … Serais-je là pour aspirer cette vie qui palpite – et qui me permet d’aimer ? …

La seconde partie permit d’entendre des textes d’Abdellatif Laâbi, Léopold Sédar Senghor, Francis Bebey, David Diop, Mohammed Hachoum et Rachida Madani. Michal Caçao, accompagné de sa guitare chanta deux ou trois textes mis en musique par lui ; quant à Monika, elle régala l’auditoire en lisant des contes d’Afrique courts mais d’une pertinence baignée de sagesse.