Cérémonie de la déportation - Pour ne pas oublier (témoignage d'une déportée)

Le Dimanche 26 avril, une cérémonie en hommage aux déportés de la seconde guerre mondiale se tenait au cimetière de Saint-Avertin.

Après un dépôt des Gerbes en présence de Dorothée Payan (ancienne déportée) un message des associations de déportés a été lu par Léon Flachat Berne, membre du Conseil Local des Jeunes.
La cérémonie s’est terminée avec la lecture, par Jean-Pierre Lautman, d’un texte de Micheline MAUREL, déportée en 1943 dans le camp de Ravensbrück où, durant sa captivité, elle a écrit de nombreux poèmes décrivant la vie dans le camp :

"Il faudra que je me souvienne"                                                                                                                                                                                            

Il faudra que je me souvienne,
Plus tard, de ces horribles temps,
Froidement, gravement, sans haine,
Mais avec franchise pourtant.
 
De ce triste et laid paysage,
Du vol incessant des corbeaux,
Des longs blocks sur ce marécage
Froids et noirs comme des tombeaux.
 
De ces femmes emmitouflées
De vieux papiers et de chiffons,
De ces pauvres jambes gelées
Qui dansent dans l’appel trop long.
 
Des batailles à coups de louche,
A coups de seau, à coups de poing.
De la crispation des bouches
Quand la soupe n’arrive point.
 
De ces « coupables » que l’on plonge
Dans l’eau vaseuse des baquets,
De ces membres jaunis que rongent
De larges ulcères plaqués.
 
De cette toux à perdre haleine,
De ce regard désespéré
Tourné vers la terre lointaine.
O mon Dieu, faites-nous rentrer !
 
Il faudra que je me souvienne…

 
 Micheline MAUREL - Ravensbrück, matricule 22 410 - Décembre 1944
 In La passion selon Ravensbrück – Ed. de Minuit, 1965.

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