Retour sur la soirée littéraire "Mourir en beauté"

(Photos : A. Saintier et Jean-Pierre Lautman)

 

« Le sexe seul est légal, seule la mort est pornographique ». C’est par cette phrase lapidaire née de la plume de Jean Baudrillard que Jean-Pierre Lautman ouvrit jeudi 31 janvier la soirée littéraire Mourir en beauté soutenue par la médiathèque Michel Serres que représentait sa directrice Thérèse Griguer.

Contrairement à ce qu’on pouvait craindre (la mort ne fait-elle pas toujours peur ?), pareil thème ne rebuta pas mais, au contraire, attira. Flanqué d’une dizaine de peintures réalisées par quelques élèves volontaires de Couleur Atelier et d’une œuvre d’André Regnault, directeur disparu de l’École des Beaux-arts de Tours et éminent spécialiste de la peinture médiévale, le cellier de Cangé contint un auditoire rarement atteint pour ces soirées de Cangé. Après interprétation par Michel Caçao de la chanson de Brassens Oncle Archibald, l’animateur enchaîna en résumant à grands traits l’énorme travail de Philippe Ariès consacré à la réception de la mort en occident et particulièrement en France sur un millier d’années. Il évoqua également la forte présence de ce thème dans l’histoire de la peinture comparant deux savantes allégories séparées par trois siècles : L’enterrement du comte d’Orgaz du Greco et Un enterrement à Ornans de Courbet.
L’essentiel de la soirée permit à la poésie seule de décliner le thème central. Tout un chacun put ainsi entendre plus de trente poèmes, à commencer par la polyphonique grande danse macabre des hommes et des femmes datant du début du règne de Charles VII. Par les voix de Marie-Catherine Blanc, Odile Lautman, Martine Mazurier et Guy Rousseau, des auteurs connus ou peu connus de la poésie d’expression française donnèrent à cette soirée une tonalité tout en nuances. Le rire de bon aloi, désopilant et salvateur, désamorça le volet dramatique d’un sujet tabou pour l’humaniser et le rendre proche des hommes d’aujourd’hui.

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