
Un public nombreux a assisté au printemps dernier à la soirée d’hommage à Albert Camus organisée par Jean-Pierre Lautman et son groupe de lecteurs avec le soutien de la bibliothèque municipale. Signe que l’oeuvre et la vie d’Albert Camus continuent de susciter intérêt et passion.
En ce mois de janvier, parait l’Ordre libertaire de Michel Onfray. L’auteur et philosophe contemporain, de large audience, dispense son enseignement à l’université populaire de Caen. Son livre sur Sigmund Freud, figure tutélaire, a suscité de nombreuses et diverses réactions. Dans l’Ordre libertaire, Michel Onfray souhaite rendre justice à Albert Camus. Que celui-ci retrouve la place qu’il mérite au sein des philosophes français. Non, Camus n’est pas seulement un philosophe pour classes de terminale mais un philosophe solaire ; non, il n’a pas défendu la colonisation mais, libertaire, est toujours resté fidèle aux humbles et aux victimes. En 1953, dans ses Carnets, Camus écrivait : « Je demande une seule chose, et je la demande humblement, bien que je sache qu’elle est exorbitante : être lu avec attention. » Michel Onfray est dans une grande proximité avec Camus : des origines très modestes, la révélation, jeune, de la
proximité de la mort, le goût pour une philosophie
hédoniste…
Dans la lignée des grands livres sur la question du mal - Si c’est un homme de Primo Levi et La Nuit d’Elie Wiesel - parait ces jours-ci l’Elimination, du cinéaste Rithi Panh, écrit avec le romancier Christophe Bataille. A la fin du régime de Pol Pot, Rithi Panh, treize ans à l’époque, a perdu toute sa famille à cause de la cruauté et de la folie meurtrière des khmers rouge. Trente ans après, il est devenu un cinéaste réputé. Comme dans son film Dutch, le maître des forges de l’enfer, il décide de se confronter à l’un des responsables du génocide cambodgien. Illustrant ainsi que les victimes des génocides, s’ils ne crient jamais vengeance, recherchent justice et vérité.

Cet été, la Norvège a fait la une de l’actualité internationale. Ce pays, petit par la taille, a une grande et belle littérature. Par le prisme de celle-ci, nous pouvons mieux connaître les façons de vivre, de penser des Norvégiens. Parmi les succès actuels de la littérature norvégienne, un roman d’Anne b. Ragde, intitulé Zona frigida expression qui désignait autrefois le Spitzberg. L’héroïne, comme dans tout bon roman scandinave, est sportive, indépendante et …libre. ! Nous la découvrons lors de ses préparatifs pour une croisière dans le Grand Nord. Cette croisière sera pour les passagers venus d’horizons divers, l’occasion d’apprendre à vivre ensemble et permettra à l’héroïne se découvrir elle-même, bien différente de ce qu’elle croyait être … Une écriture simple et directe qui met en valeur un rapport subtil avec la Nature. Une lecture tonique !
Les Privilèges de jonathan Dee. L’auteur est américain, ce premier roman traduit en français, révèle un sens aigu de l’observation et pas mal d’humour voire d’ironie. Il peint un monde américain, très contemporain où l’on suit la vie de deux héros, jeunes, riches et beaux ! Mais Jonathan Dee bouscule les clichés et ses héros vont évoluer et faire des choix aux antipodes de ce que promettait leur présentation initiale. Un roman qu’on n’a pas envie de lâcher.
Enfin, un roman très émouvant : Le Fils de Michel Rostain, couronné en 2011 du Goncourt du premier Roman. L’écriture, juste et sincère, fait entendre la force de l’amour d’un père pour son fils, amour qui survit à la mort. Une lecture entre rires et larmes.

L’actualité culturelle de Saint-Avertin a mis à l’honneur, ce mois de juin, Albert Camus. C’est peut-être l’occasion de lire ou de relire une oeuvre aux multiples facettes - journalisme, roman, théâtre, poésie - couronnée par le Prix Nobel de Littérature. Ainsi Noces où s’exprime son amour pour la lumineuse et déchirante terre d’Algérie où il est né et qu’il porte en lui : « Au milieu de l’hiver, j’apprenais enfin qu’il y avait en moi, un été invincible ».
La bibliothèque municipale vous invite à retrouver la beauté et les émotions de plusieurs expositions de peinture qui se tiennent actuellement à Paris, à travers leurs magnifiques catalogues. Un coup de coeur pour celui du Louvre : Rembrandt et la figure du Christ qui souligne que Rembrandt fut l’un des premiers à représenter le Christ sous les traits d’un modèle vivant. Vous pouvez feuilleter ou emprunter ce catalogue mais aussi ceux des expositions Manet, Van Dongen ou Odilon Redon.

Just Kids de Patti Smith fut un des livres marquants de l’année 2010. Dans cette autobiographie, d’une rare qualité littéraire, l’icône rock américaine raconte sa rencontre et son amour pour le photographe Robert Mapplethorpe, leur jeunesse romantique, leur pacte de toujours prendre soin l’un de l’autre. Autre bonheur de cette lecture : le portrait fascinant qu’elle dresse du New York, des années 60-70.
Coup de coeur également pour un livre venu du Nord, une « potion décapante ». Purge de Sofi Oksamem :1992, dans un village estonien, une vieille femme découvre dans son jardin une jeune fille terrorisée… A travers leurs deux destins, l’auteur nous fait toucher du doigt la réalité de ces pays de l’Est, hier soumis au féroce joug soviétique, aujourd’hui en proie à un capitalisme débridé sans foi ni loi. Un roman dérangeant dans le bon sens du terme.
Pour son édition 2011, le Printemps des poètes a choisi pour thème d’ « infinis paysages». Gros plan sur l’un des poètes à l’honneur, l’un des plus marquants d’aujourd’hui :
Kenneth White, et sur un de ses recueils, intitulé : Un monde ouvert : anthologie personnelle. Né en Ecosse, il vit en France et habite en Bretagne depuis les années 80. Ses poèmes sont une invitation à rêver, divaguer hors de notre monde cloisonné. Dans ses poèmes, il exprime un sens vif du paysage, une intense curiosité pour les êtres du présent
et du passé… Pourquoi écrire ? selon Kenneth White, « pour ne pas devenir fou de cette ivresse blanche qui est le sang de l’écriture. »
Vous pouvez emprunter ces ouvrages, bien d’autres aussi, à la Bibliothèque Municipale.

RETOUR SUR LA RENTRÉE LITTÉRAIRE 2010
La rentrée littéraire 2010 a été particulièrement riche. Voici quelques coups de coeur à partager avec vous, si le coeur vous en dit.
Parmi les romans français, Philippe Forest signe sous un magnifique titre Le Siècle des nuages, emprunté à Guillaume Apollinaire la vie romancée de son père, pilote de Boeing 747 à Air France, une existence portée par une épopée - celle de la conquête des airs.
Rosa Candida de Audur Ava Olafsdottir. Pour cette période de fêtes, un roman islandais, sorte de conte moderne, qui étonne à chaque page, par sa délicatesse, son authenticité.
En route pour une ancienne roseraie du continent, avec dans ses bagages, deux ou trois boutures de rosa candida, le jeune héros du livre part sans le savoir à la rencontre d’Anna
et de sa petite fille là -bas, dans un autre éden, oublié du monde et gardé par un moine cinéphile.
Depuis plusieurs mois, l’autrichien Stefan Zweig retrouve les vitrines des libraires pour la publication de livres inédits, mais aussi d’un magnifique roman que lui a consacré l’automne dernier Laurent Seksik, Les Derniers jours de Stefan Zweig. En effet, ce dernier se suicida avec son épouse, en 1942, laissant ce mot d’adieu : « Je salue tous mes amis.
Puissent-ils voir encore l’aurore après la longue nuit ! Moi je suis trop impatient, je pars avant eux ! »
> "Le Siècle des nuages", Philippe Forest
> "Rosa Candida", Audur Ava Olafsdottir
> "Les Derniers jours de Stephan Zweig, Laurent Seksik
Ces livres peuvent être empruntés à la bibliothèque

JOSÉ SARAMAGO
En juin s'éteignait le grand romancier portugais José Saramago. C'est l'occasion pour nous d'évoquer la figure de cet anticonformiste.
En 1998, le prix Nobel de littérature lui est attribué, il le dédie à son pays : le Portugal.
Issu d'une famille pauvre de paysans sans terre, c'est un autodidacte qui quitte le lycée pour apprendre un métier.
S'il commence à écrire en 1947, il ne connait le succès qu'avec son troisième ouvrage en 1982, mais c'est alors une reconnaissance internationale.
Membre du parti communiste portugais à partir de 1969, il participe à la révolution des oeillets. Il se définit lui-même comme un communiste libertaire, gardant une distance critique
avec le parti. Censuré pour blasphème pour un de ses romans, il s'exile aux Canaries.
Nous vous recommandons chaleureusement l'oeuvre de ce grand écrivain dont vous pouvez emprunter les livres à la bibliothèque.
"TAXI" de l’égyptien Khaled Al Khamissi
Aujourd’hui, une de nos grandes chances est d’avoir accès aux meilleures productions de la littérature étrangère, dans des traductions, souvent de grande qualité.
Un coup de cœur pour le roman très original de l’égyptien Khaled Al Khamissi , intitulé : TAXI
58 conversations avec des chauffeurs de taxi du Caire qui nous offrent un tableau vivant de ce pays au moment où H. Moubarak brigue un cinquième mandat…La politique rejoint i la littérature, dans ce roman particulièrement attachant par la tendresse et l’humour qui s’en dégagent.
Bien sur, ce roman se trouve à la BM.
Pourquoi il faut lire Charlotte Delbo …
Oui, c est presque impératif. Pas seulement en raison du « devoir de mémoire », mais parce que Charlotte Delbo fait partie de ces auteurs qu’il serait dommageable pour nous d’oublier, qu’il nous appartient de continuer à faire vivre longtemps. Très longtemps.
Secrétaire de Louis Jouvet, en 1941 elle interrompt une tournée théâtrale en Amérique du Sud, pour rentrer en France et venir « se jeter dans la gueule du loup ». Aux côtés de son mari, elle s’engage dans la résistance. Ils sont arrêtés, lui, sera fusillé au Mont-Valérien en 1942, elle, déportée avec 230 autres femmes à Auschwitz. Elle survivra et témoignera.
Si « ni le soleil, ni la mort ne se regardent en face », elle porte, sur son expérience concentrationnaire, un regard d’une lucidité inouïe, servie par une écriture d’une grande justesse. Elle dit la solidarité entre détenues politiques, le « tenace désir de rentrer » et la difficulté de « sortir de l’histoire » pour vivre le quotidien, enfin l’amour pour son mari qui l’habitera toute sa vie.
Didier Daeninckx . Missak.
Avant d’être fusillé au Mont Valérien en 1944, le résistant Missak Manouchian écrit une émouvante lettre d’adieu à sa jeune épouse Mélinée. C’est de cette lettre que s’inspirera Louis Aragon pour rendre hommage au groupe Manouchian, à la demande du PCF en 1955 .Mais une phrase de cette lettre a toujours été censurée. Elle évoque la trahison d’un membre du groupe.
Dans un roman très documenté, Didier Daeninckx, mène l’enquête. La réalité se révèle plus complexe que la légende : les nazis, auteurs de l’infâme « affiche rouge » ont bénéficié de la complicité des brigades spéciales de la Préfecture de Paris. Parmi les résistants certains étaient trotskystes, ce que le PCF a longtemps souhaité cacher.